The formation of social preferences : some lessons from psychology and biology

Louis Lévy-Garboua, TEAM
Claude Meidinger, TEAM
Benoît Rapoport, TEAM


Résumé. Nous dégageons les leçons qui peuvent être tirées des recherches consacrées, en psychologie, en psychologie sociale et en biologie, à la "formation" des préférences sociales. Nous identifions les mécanismes fondamentaux par lesquels se déterminent les préférences sociales en fonction du contexte des interactions sociales. A long terme, ce sont les mécanismes biologiques, la transmission culturelle, l'apprentissage et la formation des capacités cognitives et émotionnelles. A court terme, les capacités qui se sont formées sont mobilisées par l'individu pour construire ses propres préférences sociales en fonction du contexte. Un développement complet des préférences sociales exige une conscience des ressemblances et des différences entre soi et les autres, qui passe par une connaissance de soi et des autres. Trois processus cognitifs suffisent a générer une grande variété de préférences sociales : l'identification de Soi a d'autres connus, la projection d'un Soi connu sur d'autres en partie inconnus, et la catégorisation des autres d'après leur ressemblance a Soi. Ego ne peut se projeter que sur d'autres qui lui ressemblent. Plus il parvient a s'identifier à un autre ou à se projeter sur lui, plus il sera généreux envers lui. Par conséquent, Ego trouvera plus facile d'internaliser et de prévoir le comportement d'un en-groupe que d'un hors-groupe et préfèrera en général interagir avec l'un qu'avec l'autre. Les principales motivations sociales sont de trois types : l'adhésion à des normes sociales de justice ou d'équité qui engendre une réciprocité de comportements, une forme d'altruisme auto-centré qui conduit à favoriser son en-groupe, et des pulsions sociales qui déclenchent une réaction émotionnelle immédiate à un évènement ressenti, comme faire du mal à celui qui a enfreint la norme ou aider celui qui est dans le besoin.
Mots clés : Formation des préférences sociales, psychologie, psychologie sociale, biologie.

Abstract. The goal of this paper is to draw some lessons for economic theory from research in psychology, social psychology and, more briefly, in biology, which purports to explain the "formation" of social preferences. We elicit the basic mechanisms whereby a variety of social preferences are determined in a variety of social contexts. Biological mechanisms, cultural transmission, learning, and the formation of cognitive and emotional capacities shape social preferences in the long or very long run. In the short run, the built-in capacities are utilized by individuals to construct their own context-dependent social preferences. The full development of social preferences requires consciousness of the individual's similarities and differences with others, and therefore knowledge of self and others. A wide variety of context-dependent social preferences can be generated by just three cognitive processes : identification of self with known others, projection of known self onto partially unknown others, and categorization of others by similarity with self. The self can project onto similar others but is unable to do so onto dissimilar others. The more can the self identify with, or project onto, an other the more generous she will be. Thus the self will find it easier to internalize and predict the behavior of an in-group than an out-group and will generally like to interact more with the former than with the latter. The main social motivations can be simply organized by reference to social norms of justice of fairness that lead to reciprocal behavior, some kind of self-anchored altruism that provokes in-group favoritism, and social drives which determine an immediate emotional response to an experienced event like hurting a norm's violator or helping an other in need.
Keywords : Formation of social preferences, psychology, social psychology sociale, biology.

JEL Classification : B40, D63, D64, D70, D80, Z13.