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De Condorcet à Arrow via Guilbaud, Nakamura et les "jeux simples"
Résumé.
Ce texte a pour but de présenter le théorème d'Arrow et plus généralement la structure commune de nombreux résultats
"arrowiens" montrant la difficulté d'agréger des préférences individuelles en une préférence collective. On commence par
rappeler "l'effet Condorcet", cause de "l'échec" de la règle majoritaire. Cette règle est un exemple de
règle définie par un "jeu simple", et à la suite de Guilbaud, on cherche ensuite si parmi de telles règles on peut en
trouver de plus satisfaisantes. La réponse, plutôt négative, est donnée par les théorèmes de Guilbaud et de Nakamura. Adoptant
ensuite une démarche axiomatique, on montre que des règles vérifiant les propriétés d'indépendance et de Pareto et évitant
"l'effet Condorcet" sont définies par un "jeu simple", ce qui permet d'obtenir des théorèmes arrowiens et
finalement le théorème d'Arrow. La dernière section donne des indications sur les nombreux développements montrant la
robustesse de ce théorème.
Abstract.
The aim of this paper is to present Arrow's theorem and more generally the common framework of many results
which can be called "Arrovian theorems". One begins by recalling the Condorcet majority rules and
why they fail : the "effet Condorcet". These rules are examples of preference aggregation
functions defined by a simple game, and then following Guilbaud's approach, one seeks if in the class of all
these functions one can find functions avoiding this problem. The rather negative answer is given by the
Guilbaud and Nakamura theorems. Taking then an axiomatic approach one shows that some independent and
Paretian preference aggregation functions avoiding the "effet Condorcet" are defined by a simple
game. So the previous results allow to get several Arrovian theorems and finally the Arrow theorem. In the
last section one gives some historical and bibliographical comments on these results and on several
developments showing essentially the robustness of Arrow's theorem.
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